l’express

Au-delà des collines

Par Eric Libiot (L’Express), publié le 16/11/2012 à 17:30, mis à jour le 20/11/2012 à 11:17

Alina persuadera-t-elle son amante, Voichita, de quitter le voile? 

Evacuons le truc tout de suite: le film est trop long et peine, dans sa première partie, à se déployer à un rythme adéquat. Sinon, le Roumain Cristian Mungiu, palmedorisé, en 2007, pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours, possède toujours un incroyable talent de metteur en scène et de directeur d’acteurs. Ses deux comédiennes, Cosmina Stratan et Cristina Flutur, ont d’ailleurs été récompensées cette année à Cannes par un double prix d’interprétation.

Alina tente de persuader son amante, Voichita, de quitter ce petit couvent perdu où elle s’est réfugiée par amour de Dieu. Au-delà des collines n’est pas (seulement) un film sur la religion, plutôt sur l’abandon de soi et sur la façon dont on peut se perdre quand la raison quitte le navire. Pour saisir cette perte, Cristian Mungiu entre dans les scènes, s’accroche aux personnages et crée, volontairement, une tension formelle à la limite de la suffocation. C’est perturbant, mais c’est du cinéma impressionnant.